
S. L. Singer Rainy twilight in the ghetto © | www.photosls.com
La première fois que j’ai pu contempler une photographie de Sarah Lydia Singer, c’était à Jérusalem lors d’un salon, qui exposait sa série de photographies sur le Ghetto de Venise. J’y ai vu cette émotion, et j’ai perçu cette storia, cette histoire.
L’émotion que le spectateur ou le « regardeur » ressent, mais aussi l’émotion que l’artiste transmet, ainsi que cette storia, l’histoire qu’elle voulait raconter.
Ses photographies sont construites comme des peintures où la lumière devient l’encre qui dessine et qui capte les éléments.
Ce que veut montrer S. L. Singer c’est la lumière. Selon ses propres mots : « Faire découvrir le rayon de soleil, pour aller se déplacer sur une feuille ou sur un rocher, pour finalement se refléter dans l’eau. Capter la lumière dans les endroits les plus sombres. Photographier c’est connaître l’instant quand la lumière arrive sur la roche. »
Les clichés du ghetto de Venise traduisent exactement cela. La roche des habitations éblouit et raconte le passé de ce lieu. Ces clichés sont plus qu’un témoignage, c’est une œuvre.
Un lieu… un attachement
La photographe ne veut pas s’arrêter à l’aspect physique de Venise. Elle veut selon ses propres mots, nous transmettre l’essence et l’émotion invisible en dehors du temps. Il n’y a pas de personnage dans les photographies de S. L. Singer, car elle veut sortir du temps… Cela permet aussi de s’immerger dans ce monde et d’y faire l’expérience de l’œuvre ou tout simplement l’expérience de la vie du ghetto de Venise.
Le temps et la lumière sont les deux éléments qui importent. La photographie est un instantané qui capte la lumière. L’instantané devient électricité. Et le temps mène à l’intemporalité voire à l’éternel.
Sarah Lydia Singer a exposé sur trois continents aux Etats-Unis, en Europe et en Israël.